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Expédition

Expédition Népal

Pays par excellence pour organiser des expéditions sur des hauts sommets; des montagnes impressionnantes et magnifiques, des approches souvent longues mais qui donnent tout son sens au terme « expédition », des habitants d’une gentillesse extrême…

 


 

  
  

   
Expédition Népal     

Les sommets et régions autorisées

Contrairement à d’autres pays, visiter une région du Népal est soumis à autorisation. Certaines parties du pays sont interdites, d’autres comme celle du Kangchenjunga sont soumises à certaines restrictions, d’autres encore telles l’Everest, le Makalu et l’Annapurna sont presque libres. La situation évolue, cette année de nombreuses régions et sommets ont été ouverts aux touristes.

Au Népal les sommets sont classés en deux catégories : les sommets de trekking (droits d’ascension très limités) et les sommet d’expéditions. Contrairement à ce qu’évoque cette classification, l’ascension des sommets de trekking (dont l’altitude est souvent inférieure à 6500 m) n’a rien d’un trek ! Seuls certains d’entres eux sont abordables « facilement » ; pour la plupart, il s’agit d’une véritable expédition sur un sommet technique. Il peuvent être l’occasion de belles réalisations en technique alpine pour petits budgets.
Un livre de référence : Bill O’Connor, « The trekking peaks of Nepal », aux éditions Crowood.

Les droits d’ascension :

- Pour les trekking peak (tarif 2002) : 350 $ pour 4 participants (40 $ par personne additionnelle jusqu’à 8 personnes, 25 $ par personne en plus dans la limite de 12),
- Pour les expés : le prix est fixé en fonction de l’altitude du sommet. Il est valable pour 7 personnes (tarif identique pour une à 7 personnes, népalais non inclus) ; un surcoût est appliqué pour chaque personne additionnelle dans la limite de 12.


Quelques idées d’expés

Les Classiques

-         Ama Dablam

Situation : Est du Népal, vallée de l’Everest
Altitude
 : 6856 mètres
Accès
 : Depuis Lukla (vallée de l’Everest) en remontant en direction du camp de base de l’Everest.
Camps
 : CB aux alentours de 4500 m, camp 1 à 5500 m, camp 2 à 5800 m et camp 3 à 6100 m.
Type
 : Rocher / Neige / Glace
Remarques
 : un sommet merveilleux, au cœur du pays Sherpa malheureusement très fréquenté. La vue depuis le sommet est fantastique. Toute l’arête depuis le camp 1 jusqu’au sommet est équipée en vieilles cordes parfois dangereuses. Un passage rocheux, avant le camp 2 peut surprendre si on l’aborde en libre. Le camp 2 (emplacement pour 3 tentes) peut être évité en cas de bonne acclimatation

-         Baruntse

Situation : Est du Népal, entre la vallée de l’Everest et celle du Makalu
Altitude
 : 7220 mètres
Accès
 : Depuis Lukla (vallée de l’Everest) par le Méra La. Moins facile, par la vallée du Makalu et le West Col
Camps
 : CB aux alentours de 5400 m, camp 1 au West Col (6100 m) et camp 2 au pied de l’arête terminale (6500 m)
Type
 : Neige / glace
Remarques
 : un 7000 fréquenté sans danger objectif. La seule difficulté technique se situe aux alentours de 7000 m sur l’arête finale qui peut être très effilée

-         Traversée des 3 cols

Situation : Est du Népal, entre la vallée de l’Everest et celle du Makalu
Altitude
 : 6200 mètres
Accès
 : Depuis Lukla (vallée de l’Everest) par le Méra La. Traversée du West Col et descente dans la vallée du Makalu jusqu’à Tumlingtar. Possible dans le sens inverse au départ de Tumlingtar
Camps
 : Pas de camp fixe, il s’agit d’une traversée
Type
 : Neige / glace au niveau du West Col
Remarques
 : une belle traversée qui permet de rallier la sauvage vallée du Makalu à partir de celle de l’Everest. La partie la plus technique se situe au niveau du West Col : pente raide (45/50°) souvent équipée de cordes fixes pendant la saison

-         Tilicho

Situation : Ouest du Népal, derrière le cirque des Annapurna, à quelques heures de marche de Jomosom
Altitude
 : 7132 mètres
Accès
 : Depuis Jomosom
Camps
: CB aux alentours de 4800 m, camp 1 à 5500 m et camp 2 à 6100 m
Type
 : Neige / glace
Remarques
 : une belle arête avec une vue superbe sur les Annapurna et le Dhaulagiri au pied d'un lac couleur émeraude découvert par l'expédition Annapurna 1er 8000


Les plus originaux

-         Kang Guru

Situation : Centre-ouest du Népal, entre Annapurna et Manaslu
Altitude
 : 7010 mètres
Accès
 : Depuis Pokhara, par le classique Tour des Annapurna jusqu’à Koto. Ensuite par la vallée de Nar / Phu
Camps
 : CB aux alentours de 4300 m, camp 1 vers 5300 et camp 2 au pied de la face Ouest (6100 m)
Type
 : Neige / glace, un passage de rocheux / mixte au dessus du camp 1
Remarques
 : un beau belvédère sur le Manaslu et la chaîne des Annapurna. Pentes à 40/45° au dessus du camp 2 pour atteindre l’arête nord

-         Putha Hiunchuli

Situation : Ouest du Népal, dans le massif du Churen Himal, en frontière avec le Dolpo
Altitude
 : 7246 mètres
Accès
 : Depuis Népalganj, avion jusqu’à Juphal, puis remonter la vallée de Kakotgaon
Camps
 : CB aux alentours de 4800 m, camp 1 vers 5300 m, camp 2 à 5900 m, camp 3 à 6400 m
Type
 : Neige / glace
Remarques
 : un beau belvédère sur le Dolpo. Attention au Avalanches entre les différents camps

-         Dorje Lakpa

Situation : Centre du Népal à l’Est du massif du Langtang
Altitude
 : 6966 mètres
Accès
 : Depuis Syabrubesi (un jour de bus de Katmandu) et 6 jours de marche
Camps
 : CB aux alentours de 4800 m, camp 1 vers 5400 m et camp 2 à 6100 mètres
Type
 : Neige / glace, passage de mixte et pente à 45° / 50°
Remarques
 : un beau sommet encore peu fréquenté


Rarement organisés

-         Makalu II

Situation : Est du Népal
Altitude
 : 7678 mètres
Accès
 : Depuis Tumlingtar, par la vallée de l’Arun
Camps
 : CB aux alentours de 5400 m, camp 1 vers 6250 m, camp 2 au pied du col du Makalu (6800 m) et camp 3 au col (7400 m)
Type
 : Neige / glace, passage de mixte entre le C2 et le C3 si on emprunte l’éperon à droite du couloir
Remarques
 : situé à l’extrême Nord du Népal sur la frontière Tibétaine. Belvédère exceptionnel sur l’Everest, le Lhotse et le Makalu I

-         Ratna Chuli

Situation : Centre-ouest du Népal au nord du Manaslu
Altitude
 : 7035 mètres
Accès
 : Depuis Pokhara, par le classique Tour des Annapurna jusqu’à Koto. Ensuite par la vallée de Nar / Phu
Camps
 : CB aux alentours de 5100 m, camp 1 vers 6000 m et camp 2 sur l’antécime (6550 m) ou au col entre l’antécime et le sommet (6300 m)
Type
 : Neige / glace
Remarques
 : situé à l’extrême Nord du Népal sur la frontière Tibétaine. Passage obligatoire par l’antécime avant de descendre sur le col au pied de la pente terminale. Le passage le plus technique se situe entre le C1 et le C2 (pentes jusqu’à 60°)

-         Himlung Himal

Situation : Centre-ouest du Népal au nord du Manaslu
Altitude
 : 7126 mètres
Accès
 : Depuis Pokhara, par le classique Tour des Annapurna jusqu’à Koto. Ensuite par la vallée de Nar / Phu
Camps
 : CB aux alentours de 4850 m, camp 1 vers 5300 m, camp 2 à 6200 et camp 3 au pied de la pyramide sommitale (6300 m)
Type
 : Neige / glace
Remarques
 : situé à l’extrême Nord du Népal sur la frontière Tibétaine. Glacier très crevassé entre C1 et C2.


Les 8000

-         Dhaulagiri

Situation : Ouest du Népal
Altitude
 : 8167 mètres
Accès
 : Depuis Pokhara par la Myagdi Khola ou par Jomosom
Remarques
 : un 8000 accessible mais pas facile

-         Annapurna

Situation : Centre Ouest du Népal
Altitude
 : 8091 mètres
Accès
 : Depuis Pokhara par la Kali Gandaki
Remarques
 : des dangers objectifs non négligeables sur la voie normale

-         Manaslu

Situation : Centre Ouest du Népal
Altitude
 : 8163 mètres
Accès
 : 
Remarques
 : des dangers objectifs non négligeables sur la voie normale

 Cho Oyu / Sisha Pangma

Situation : Est du Népal
Altitude
 : 8201 mètres et 8046 mètres
Accès
 : Depuis Katmandou, Khodari puis Nyalam par les hauts plateaux tibétains
Remarques
 : Parmi les 8000 les plus accessibles

-         Everest

Situation : Est du Népal
Altitude
 : 8848 mètres
Accès
 : Depuis Lukla (voie normale versant népalais) ou depuis Katmandou, Khodari puis Nyalam par les hauts plateaux tibétains (voie normale versant tibétain)
Remarques
 : Le Mont Blanc de l’Himalaya…

     Lhotse

Situation : Est du Népal
Altitude
 : 8516 mètres
Accès
 : Depuis Lukla
Remarques
 : La voie normale emprunte le même itinéraire que l’Everest versant népalais sur la majeure partie de l’itinéraire. Beaucoup moins d’ascensions que sur son voisin

-         Makalu

Situation : Est du Népal
Altitude
 : 8463 mètres
Accès
 : Depuis Tumlingtar, par la vallée de l’Arun
Remarques
 : Un beau sommet peu fréquenté à connotation française. Accès long et difficile, peu de danger objectif

-         Kangchenjunga

Situation : Extrême Est du Népal
Altitude
 : 8586 mètres
Accès
 : Depuis Suketar
Remarques
 : Une face immense sur un versant nord. Un 8000 difficile


Miss Hawley

L’incontournable personne de Katmandu pour les chefs d’expéditions. Cette anglaise, « d’un certain age », installée dans la capitale népalaise depuis de nombreuses années recense scrupuleusement toutes les expéditions. Munie des outils de travail dernier cri (bloc note et stylo bille), elle remplira son formulaire dès votre retour d’expé. Vous ne la connaissez pas : ne vous inquiétez pas, elle vous trouvera…

Pour les mauvaises langues qui diraient qu’elle ne sert à rien, vous serez surpris si vous lui demandez l’historique des ascensions d’un sommet ; elle vous fournira un compte rendu précis des 15 dernières années au moins. Il est vrai néanmoins qu’aller à Katmandu pour avoir ce type d’informations n’est pas le plus simple…

Elle reste très portée sur le star système et donc les ascensions de sommets de 8000 mètres.


Les différentes manières d’organiser son expé sur place

-     Partir avec seulement un billet d’avion et voir sur place : aléatoire et demandant beaucoup de temps et de connaissance du pays,
- Contacter une agence directement au Népal et organiser son expé en collaboration avec elle,
- Contacter une agence française pour qu’elle organise l’ensemble de l’expé,
- Contacter un Guide de Haute Montagne et bâtir le projet ensemble en se répartissant les taches en fonction des connaissances de chacun.

Dans tous les cas, pour une expédition « lourde » (porteurs, matériel conséquent, équipe cuisine…), il est préférable de confier l’organisation locale à une des nombreuses agences de Katmandu. Le gain en temps et en énergie est conséquent, le nombre de problèmes diminue.

Ces agences sont habituées à :
- faire un programme détaillé de la marche d’approche,
- organiser les transferts aéroport – hôtel à Katmandu ainsi que tous les déplacements dans le pays (avion, bus),
- réserver les hôtels,
- faire la demande d’autorisation au ministère du tourisme et faire les démarches administratives,
- s’occuper de toute la logistique pendant la marche approche (porteurs, nourriture, tentes…),
- proposer des sherpas d’altitude, une aide non négligeable,
- proposer une caution bancaire, qui permettra de faire décoller l’hélicoptère en cas d’accident,
- trouver une solution à tous les problèmes sur place…


La région du Kangchenjunga (Népal)

Sur le plan géographique

Bordée au nord par le Tibet, à l’est par le Sikkim (Inde), la région Népalaise du Kangchenjunga reste peu fréquentée et authentique.
Au départ des plantations de thé sur les contreforts de l’Himalaya, de profondes vallées remontent vers le nord pour venir butter sur la barrière himalayenne dominée par le Kangchenjunga, troisième plus haut sommet du globe, du haut de ses 8598 mètres.. .

Les basses vallées, peuplées d’hindouistes en majorité, sont verdoyantes, largement arrosées tout au long de l’année. La vie, rythmée par la nature, apparaît comme paisible au trekkeur de passage. Les nombreux villages s’étendent au milieu des cultures en terrasse ; ici et là, des enfants jouent avec des cerfs-volants bricolés, chantent dans une cour d’école, un homme cultive son minuscule lopin de terre à l’aide d’une charrue rudimentaire, une femme s’affaire devant sa maison... De l’extérieur, les habitations sont belles et chaleureuses, entourées par une végétation verdoyante. L’intérieur donne une toute autre impression, sombre, noirci par le feu, spartiate.

L’accès à la vallée de Ghunsa qui mène au camp de base nord du Kangchenjunga n’est pas facile voire même difficilement praticable pendant la mousson en raison de pentes raides et de forêts denses.
En prenant de l’altitude, la végétation change, les forêts de résineux apparaissent, la culture bouddhiste s’impose. Shortens, Ghompas, drapeaux à prières sont omniprésents dans les villages, sur les chemins.
Dans cette région, il est plus facile de faire des échanges avec le Tibet tout proche à l’aide des Yacks que de descendre dans les basses vallées du Népal !

Tout comme dans de nombreuses régions du Népal, la guérilla maoïste est présente et contrôle même le secteur. Les relations avec les groupes de trekking et d’expédition sont restées bonnes jusqu’à présent à condition de s’acquitter d’un droit de passage de 30€ / personne en moyenne.
La situation reste très tendue entre le gouvernement et le mouvement maoïste, difficile de prévoir son évolution…

L’accès

Depuis Katmandu rejoindre Biratnagar, ville située à la frontière avec l’Inde, soit en avion (vol quotidien), soit en bus (entre 12 et 18 heures). Un vol pour le petit aérodrome de Suketar permet ensuite de se rendre au début du trek pour les camps de base Sud et Nord du Kangchenjunga. On pourra aussi affréter un avion pour faire directement Katmandu – Suketar.
Il est également possible de faire la totalité du trajet en bus (beaucoup moins cher mais plus long et fatiguant) en faisant Katmandu – Ilam (18h) puis Ilam – Taplejung (19h) ce qui permet de découvrir le Népal plus en profondeur, notamment ses immenses plantations de thé, ses bus locaux peu confortables, des routes chaotiques. Prévoir une journée de marge…

Les trekkings possibles

L’histoire du trekking dans cette région remonte au début du vingtième siècle, un explorateur ayant effectué le tour du Kangchenjunga. Il s’agissait en fait d’une véritable expédition entre Népal, Sikkim et Tibet en franchissant de hauts cols...
En ce qui concerne la partie Népalaise : col du Jonsang La (6114m) situé au Nord du Kangchenjunga, descente dans la Vallée de Ramtang jusqu’à Ghunsa, col aux alentours de 5000m pour rejoindre le versant Sud du Kangchenjunga et col du Kang La (5060m) pour arriver au Sikkim.

Un exemple jour par jour pour visiter les vallées nord et sud du Kangchenjunga

- J1 Katmandu – Suketar – Mitlung –1h  d’avion / 4h de marche- nuit à 1900m
Longue descente pour rejoindre le bord de la rivière.
- J2 Mitlung - Chirwa - 5h30 de marche - nuit à 1500m
Le chemin longe la rivière Ghunsa Kola. Ambiance forêt tropicale.
- J3 Chiruwa - Sekatum – 4h30 de marche – nuit à 1600m
Même type de chemin que la veille.
- J4 Sekatum – Amjilosa – 4h de marche – nuit à 2430m
Enfin nous sortons de la forêt pour rejoindre 2 petites fermes accrochées à de raides pentes herbeuses.
- J5 Amjilosa – Phale – 7h de marche – nuit à 3140m
Longue étape pour rejoindre le premier village aux couleurs Bouddhistes
- J6 Phale – Ghunsa – 6h de marche – nuit à 3795m
Courte étape d’acclimatation pour rejoindre le plus gros village de la vallée.
- J7 Ghunsa – kangbachen – 6h de marche – nuit à 3960m
Nous plongeons au cœur du massif. Prêt de Kangbachen on apercevra la fameuse face N du Jannu.
- J8 kangbachen – Lhonak – 4h de marche – nuit à 4785m
Nous longeons le glacier du Ramtang.
- J9 Lhonak – Camp de base du Kangch – Lhonak – nuit à 4785m
Aller et retour au CB du Kangch pour apercevoir la fameuse face N
- J10 Lhonak – Ghunsa – 5h de marche – nuit à 3795m
- J11 Ghunsa – Selele - 5h de marche - nuit à 4500m
Traversée des cols pour rejoindre les vallées sud du Kangch
- J12 Selele – Tseram – 5h de marche – nuit à 3770m
- J13 Tseram - Ramje  - Lapsang 6h de marche – nuit à 4000m
Vues sur la face sud du Kangch ainsi que du Yalung Kang
- J14 Lapsang – Tortong – 6h de marche – nuit à 2995m
- J15 Tortong – Omje Kola – 6h de marche – nuit à 2500m
Passage du col Lasiya Bhanjyang (3310m)
- J16 Omje Kola – Yampudin – Mamangke – 7h de marche – nuit à 1920m
- J17 Mamangke – Kesuwa – 6h de marche – nuit à 2000m
- J18 Kesuwa – Suketar – 6h de marche – nuit à 2515m
- J19 Suketar – Katmandu – 1h d’avion

Il est possible de faire le tour dans l’autre sens. L’acclimatation et le nombre de jours seront à peu près identiques. Mais il ne faut pas oublier qu’en cas de neige il sera peut être difficile de franchir les cols du Selele pour les porteurs et donc la visite au camp de base Nord sera supprimée.

Les variantes possibles : 
-
Depuis Kangbachen on peut s’approcher de la face N du Jannu en une journée A/R.
-
 Il peut être intéressant de dormir au camp de base Nord du Kangch et de gravir un sommet de 6000 mètres qui offre un panorama exceptionnel.
-
Depuis Lhonak on peut remonter la vallée en direction du col Lashar menant au Tibet. Nombreux sommets inconnus à découvrir.
-
L’accès au camp de base sud du Kangchenjunga est difficile sur un glacier morainique.
-
Une variante très intéressante : au lieu de franchir les cols du Selele pour rejoindre Tseram, on peut remonter la vallée menant au camp de base de la voie normale du Jannu puis franchir le col Lapsang Bhanjyang (5110m). Itinéraire délicat pour les porteurs.

Les montagnes à découvrir

Un des premiers attraits de cette région, le Kangchenjunga (8598m) est le troisième sommet le plus haut de la terre. Frontières entre le Népal et le Sikkim, ses 3000 mètres de faces peuvent se découvrir tant depuis le versant sud que depuis le versant nord.
Sa face Est, versant Sikkim, théâtre de deux belles tentatives en 1929 et 1931 par des allemands emmener par Paul Bauer, reste vierge. Le gouvernement régional du Sikkim ne délivre aucune autorisation à l’heure actuelle.  

La première du Kangch remonte à 1955. Il fut gravi par une expédition Britannique par le versant Sud. Il faut ensuite attendre 22 ans pour voir une autre expédition (armée indienne) réussir le sommet.
Deux ans plus tard Doug Scott signe une superbe réussite sur le versant Nord en style partiellement alpin et sans oxygène.  

Le Kangchenjunga, « Les Cinq Trésors de la Grande Neige », comporte 5 sommets. Du fait de son caractère sacré, les ascensionnistes s’arrêtent généralement quelques mètres en contrebas du sommet. Pour les locaux, il est la demeure des dieux. Il accroche l’arrivée des perturbations, veille sur les récoltes et donc sur la prospérité des villages. De par sa situation géographique, à l’extrême Est du pays, les nombreuses perturbations qui viennent du nord du Bengale l’arrosent abondamment. Le vent reste un élément difficile à prévoir surtout pendant les arrières saisons. 

Une forêt de sommets de plus de 7000m aux faces impressionnantes
-
Le Jannu (Kumbhakarna 7710m). 1ère française en 1962.
Une belle réussite en face Nord ce printemps par une équipe Russe. Son accès se fait depuis Ghunsa puis le glacier du Jannu peu de temps avant Kangbachen.
-
Le Gimmigela (Twins, 7350m) gravi seulement 3 fois par des itinéraires différents. Situé en face de la face N du Kangch, il offre un superbe belvédère. La face sud présente un système de goulotte superbe.
-
Les kabru (7338m). 4 sommets qui font frontière avec le Sikkim. Une belle face Ouest qui se gravi depuis le glacier du Yalung. 
-
Le Kirat Chuli (7366m) Superbe sommet sauvage faisant frontière avec le Sikkim. Un accès difficile et long depuis Pangpema.
-
Le Pyramid Peak (7126m) sûrement un des plus faciles sommets de 7000m de cette région. En revanche l’accès depuis Pangpema est long et difficile.
-
Le Dome Kang (7443m) et le Jonsang (7460m) réussi ce printemps par une expédition espagnole. Accès depuis Pangpema.
-
Le Kangbachen (7903m), un presque 8000 sur la même crête reliant le Yalung et le Kangch.

Mais aussi des centaines de sommets de plus de 6000m à découvrir et pour certains à explorer
Belvédère pour admirer les grandes faces ou alors sommets très techniques, tous les styles sont possibles. Quelques exemples :
-
  Pangpema Peak (6200m). La couronne de sommet au dessus de Pangpema présente plusieurs sommets neigeux de difficulté variable. Un camp d’altitude vers 5800m.
-
Face N du Chang Himal (6750m) en face de Pangpema.
-
Le Drohma Peak (6850m). Sommet technique d’accès facile.
-
Le Tinjung (6097m) depuis Lohnak.

Depuis 3 ans le gouvernement népalais a officiellement autorisé de nouveaux sommets dans cette région :

Sommet

Altitude

Sommet

Altitude

 

 

 

 

Talung

7349

Domekhan

7264

Janak

7090

Sharphu I

7070

Chabuk

6960

Anidesh Chuli

6960

Loshar I

6930

Sharphu 3

6885

Loshar II

6860

Pandra

6850

Ghhanyala Hies

6779

Ramtang Chang

6750

Chang Himal

6750

Dazaney

6710

Sobitongie

6670

Phole

6640

Lang Chung Kang

6475

Sharphu 4

6433

Danga

6355

Taple Shikhar

6341

Merra

6335

Kyabura

6332

Sharphu 5

6328

Mdm Peak

6270

Sat Peak

6220

Sharphu 2

6154

Bokta Peak

6143

Sharphu 6

6076

Mojca Peak

6032

Syaokang

5960

White Wave

5809

Lumba Sumba Peak

5672

Lumba Samba

5670

 

 

Népal

 


La région du Makalu

La conquête de l’Everest

Dès 1807, les Anglais suspectent les montagnes de l’Himalaya comme étant les plus hautes de la terre. En 1808, la Grande-Bretagne commence l’énorme travail de cartographie de l’Inde par le sud du pays. Trente ans plus tard, les équipes atteignent les bases de la chaîne himalayenne…
Il faut attendre 1856 pour que le pic XV, qui deviendra l’Everest, soit identifié comme étant le plus haut (29002 pieds) de la terre.
Les premières expéditions sur l’Everest sont exclusivement britanniques ; d’abord sur le versant Tibétain dans les années 1920 et 1930 puis côté Népalais au début des années 50. L’expédition de reconnaissance de 1921 est la première à observer le Makalu de près et notamment ses versants Est et Nord lors de la recherche d’un itinéraire d’ascension de l’Everest par le glacier de Kangshung.

A cette époque, la conquête de l’Everest occupe une place prépondérante dans le monde des expéditions de haute altitude. Les Suisses obtiennent l’autorisation pour 52, les Britanniques pour 53 et les Français pour 54…

Le choix du Makalu

Après le succès britanniques en 53, le Comité de l’Himalaya revoit son projet d’expédition pour 54.
Les Italiens sont en tractation pour le K2 et obtiennent une autorisation pour 54.
Les Britanniques ont déjà fait une reconnaissance sur le Kangchenjunga laissant entrevoir une possibilité d’ascension.
Reste le Lhotse, mais les trois quarts de l’itinéraire reprend celui de l’Everest.

Le Makalu, à peine moins haut que le Lhotse, a été peu exploré. Ceux qui ont observé cette pyramide isolée qui domine une région sauvage s’accordent à dire que, de tous les grands 8000, c’est sans doute un de ceux qui opposera le plus de résistance…
Le choix s’oriente donc sur la cinquième cime du globe et le Comité de l’Himalaya demande aux autorités Népalaises une autorisation pour 54.

Lorsque les Français apprennent qu’une autorisation a déjà été données aux Américains pour 54, il est question de changer d’objectif et d’opter pour le Lhotse. Après réflexion, l’équipe américaine est jugée trop faible ; les Français demandent alors l’autorisation pour 55. Toutefois, pour maximiser les chances de succès, une expédition de reconnaissance est prévue pour l’automne 54. Jean Franco en est le leader.

Historique du sommet

Printemps 1954 : l’expédition américaine s’oriente de manière surprenante sur l’arête Sud-est et échoue à 7056 mètres.
Par ailleurs, des Néo-Zélandais sous la direction d’Hillary – qui a repéré un accès au Makalu depuis l’Everest – font une tentative sur le versant Ouest sans autorisation. Ils sont arrêtés à 7000 mètres par les pentes raides sous le Makalu La. Pendant ce même voyage, ils réalisent 25 premières dont le Baruntse.

Automne 1954 : après un gros travail de préparation pour améliorer vêtements, appareils à oxygène et nourriture d’altitude, une équipe menée par J.Franco quitte la France en août. Elle établit un dernier camp au Makalu La (col situé entre le Makalu II et le Makalu I à 7400 mètres).

Franco, Terray et 2 sherpas atteignent le Makalu II ou Kangshungtse (7678 m) puis, sous l’impulsion de Couzy, Terray et Couzy réalise l’ascension du Chomo Lonzo (7790 m) d’où ils repèrent l’itinéraire de la partie finale du Makalu. Pour Terray « Cette journée, marquée de l’inflexible volonté de Couzy, est l’une des plus dures et des plus intenses que j’ai jamais vécue ».
Par ailleurs, Bouvier et Leroux, puis Couzy et Magnone essayent de s’élever le plus haut possible dans la face Nord, mais en vain du fait de vents très violents.

Printemps 1955 : excellentes conditions. Du fait de l’expérience de l’automne précédent, le camp au Makalu La est établi en un temps record. Terray et Couzy mènent la première tentative et sont accompagnés par trois sherpas jusqu’au dernier camp qu’ils établissent à 7800 mètres. La dernière partie s’avère moins technique que prévue et en bonne condition : le 15 mai les deux hommes se dressent sur le 5ème sommet de la terre. Les 16 et 17, les autres équipes (Franco, Magnone, le sirdar Gyalzen, Bouvier, Leroux, Vialatte et Coupé) atteignent à leur tour le sommet.
Pour la première fois dans la conquête d’un 8000, tous les membres des cordées d’assaut, neuf personnes au total, gravissent le sommet.
Après l’expédition Terray écrira : « La facilité déconcertante avec laquelle nous avions vaincu ce géant auquel j’avais consacré un an de ma vie fut pour moi une légère déception ».

1961 : Hillary retourne au Makalu pour tenter la voie des Français sans oxygène et faire la 2ème ascension. Deux membres arrivent à 120 mètres du sommet.

1970 : Première ascension du sommet Sud-est (8010 m) par l’arête SE par une forte équipe japonaise. Deux des membres arrivent 180 mètres en dessous du sommet principal avec de minces réserves d’oxygène et terminent l’ascension sans. C’est la seconde ascension.

1971 : Une équipe menée par Paragot atteint à nouveau le cinquième sommet du globe en ouvrant le très difficile pilier Ouest qui s'impose par son élégance !
Malgré de mauvaises conditions climatiques, Y.Seigneur et B.Mellet réussissent la 3ème ascension du Makalu dans une tempête de neige et par un froid intense.

1975 : Une équipe Yougoslave ouvre un itinéraire dans la face Sud.

1976 : première ascension du pilier situé sous le sommet Sud-est par une expédition Tchèque. Deux Tchèques et un espagnol atteignent le sommet principal mais un Tchèque meurt à la descente, les autres ont de graves gelures.

1980 : Roskelley réalise la 2ème ascension et le premier solo du pilier Ouest.

1997 : après plusieurs tentatives, une équipe Russe ouvre un itinéraire dans la face Ouest.

Les accès au Makalu côté Népal

Contrairement à la vallée de l’Everest, la région du Makalu est restée sauvage. Les habitations sont peu nombreuses au delà du Shipton La et non habitées en permanence. L’accès est difficile après Tashigaon (dernier village habité toute l’année) : il faut franchir plusieurs cols à plus de 4000 mètres d’altitude avant de pénétrer dans la haute vallée menant au pied du Makalu.
La mousson transforme de paisibles ruisseaux en torrents qui deviennent difficiles à franchir. Même par grand beau temps en altitude, l’air humide remontant du Teraï peut rendre très problématique le passage du Shipton La (neige et brouillard). Après avoir gravi le Baruntse un 21 novembre par un temps magnifique, nous avons dû faire la trace dans 50 centimètres de neige pour franchir le Shipton La dans un épais brouillard…

Accès classique au départ de Tumlingtar

Cet itinéraire est donné à titre indicatif. Prévoir d’ajouter des journées de repos pour acclimatation suivant l’état du groupe.

Katmandu – Tumlingtar (400 m) – Khandbari (1100 m)
Une heure d’avion permet de rejoindre la piste en terre de Tumlingtar. Trois heures de marche mènent à Khandbari, principale ville de la région.

Khandbari – Chichila (1900 m)
Montée progressive alternant forêts luxuriantes et chemins de crête.

Chichila – Num (1600 m)
Cheminement sur crêtes, au loin les montagnes apparaissent : Makalu, Baruntse et Chamlang brillent sous les feux du soleil…

Num – Séduwa (1900 m)
Descente à travers la forêt pour traverser la rivière Arun. Remontée au village de Séduwa.

Séduwa – Tashigaon (2200 m)
A travers les cultures, un chemin facile mène à Tashigaon, dernier village habité toute l’année.

Tashigaon - Khongma (3600 m)
Longue montée, raide par endroit, utilisant des escaliers aménagés par les habitants de la vallée à travers une forêt, dense au début. Petit à petit, la végétation change et se raréfie à l’arrivée à Khongma.

Khongma – Yangle (3600 m)
Passage du Shipton La (4200 m) et de deux autres cols aux alentours de 4000 mètres avant de redescendre dans la vallée de la Barun Khola.

Yangle - Mera (4200 m)
Fin de la végétation dense et des habitations pour arriver à la base des premières montagnes. Le massif du Makalu n’est plus très loin…

Mera – Hillary Base Camp (4800 m)
Dernière étape non glaciaire  permettant d’atteindre « Hillary Base Camp », nom donné par le vainqueur de l’Everest lors de son expédition de reconnaissance au Makalu au printemps 1954. Le massif du Makalu se dévoile… Ce lieu, très agréable, est idéal pour prendre une journée de repos et parfaire son acclimatation.

Hillary Base Camp – Camp de base (5400 m)
Etape facultative. Montée sur le glacier Barun recouvert de pierres pour atteindre le camp de base, situé au pied du glacier Chaco et de la face Ouest du Makalu.

Retour à Tumlingtar
Par le chemin emprunté à l’aller.
Il est également possible de rejoindre la vallée de l’Everest par l’itinéraire des « 3 cols », plus logique néanmoins dans l’autre sens.

Accès au départ de la vallée de l’Everest (3 cols par l’Amphu Labtsa)

Cet itinéraire permet de traverser de la vallée de l’Everest à celle du Makalu en franchissant des cols techniques et élevés (plus de 6000 mètres). Il s’adresse à des alpinistes expérimentés et présente un engagement certain : pas d’échappatoire aisée après l’Amphu Labtsa. Il est magnifique et sauvage ; au passage, il est possible de gravir le Baruntse…
Il est facile de s’acclimater correctement dans la vallée de l’Everest. On pourra gravir l’Island Peak pour tester sa forme et son acclimatation avant de se lancer dans la traversée.

Cet itinéraire est donné à titre indicatif. Prévoir d’ajouter d’éventuelles journées de repos pour acclimatation suivant l’état du groupe.

Chukhung – Pied de l’Amphu Labtsa (5300 m)
Etape sans difficulté technique particulière qui permet de pénétrer dans l’ambiance sauvage de cette traversée.

Passage de l’Amphu Labtsa (5800 m) – Lacs de Panch Pokhari (5400 m)
Montée raide avec une partie technique sous le col. Prévoir une corde. Descente glaciaire sur les lacs. Endroit magnifique…

Lacs de Panch Pokhari – Pied du West Col (5700 m)
Suivant l’époque, on pourra trouver des expéditions au camp de base du Baruntse. Le fait de dormir plus haut que ce camp de base permet de faire l’étape du lendemain plus facilement.

Passage du West Col (6135 m) – Sherpani Col (6110 m) – camp au pied du Sherpani Col (5400 m)
Difficile étape en altitude. La pente du West Col est raide, prévoir une corde.
Pour des alpinistes entraînés et acclimatés, il est possible de dormir au camp 2 du Baruntse (6400 m) pour faire le Baruntse le jour suivant.
Vues magnifiques sur le Makalu.

Descente au camp de base Hillary (4800 m)
Retour sur Tumlingtar (voir trek précédent)

La voie normale du Makalu, le Makalu II et le Chomo Lonzo

L’itinéraire d’accès est celui décrit précédemment au départ de Tumlingtar. Plusieurs emplacements de camps de base sont possibles entre 5300 et 5600 mètres au pied de la face Ouest sur le glacier de Chago.
L’itinéraire chemine sans difficulté majeure (moraine, glace possible par endroit) jusqu’à 5800 mètres, altitude à laquelle on prend pied sur le glacier. Il est possible de faire un camp de base avancé à cet endroit.
La montée suit ensuite le glacier par des pentes faciles ; une section plus raide (40°) mène à un vaste plateau (6250 mètres, possible camp 1).
Le cheminement est ensuite moins rectiligne (crevasses, quelques sections propices à la formation de plaques) ; un camp 2 peut être placé à vue du couloir menant au col du Makalu, vers 6800 mètres.
Le couloir menant au col (Makalu La, 7400 mètres) est plus technique que le début de l’itinéraire (passage à 50°). S’il n’est pas en condition (risques d’avalanches), un cheminement rive gauche est possible (suivant les conditions, passages en mixte, pentes à 60° sur une courte section). La fin du couloir est moins technique.
Camp 3 possible au Makalu La, vue fantastique sur le versant Est Lhotse – Everest. Au loin, le Kangchenjunga.

A partir de ce camp, différentes options sont possibles :

-     - Se diriger sur le Makalu II (7678 m), moins de 300 mètres plus haut. Un itinéraire peu technique donnant accès à un superbe belvédère sur les géants de l’Est du Népal : Everest, Lhotse, Makalu et, plus loin, Kangchenjunga.

-     - Gravir le Chomo Lonzo (7790 m), peu technique également mais beaucoup plus long. L’itinéraire commence par une descente (qu’il faut remonter au retour !) pour rejoindre le col séparant le Makalu II du Chomo Lonzo à 7200 mètres. Une arête sans grande difficulté mène ensuite au sommet.

-     - Opter pour le Makalu I (8463 m). La majorité des expéditions placent alors un camp supplémentaire vers 7800 mètres dans la face Nord. A 8200 mètres, un raide couloir mène sur l’arête sommitale…

L’arête Sud-Est

L’itinéraire d’accès est celui décrit précédemment au départ de Tumlingtar. Emplacement du camp de base à 4800 mètres (Hillary Base Camp).

Première ascension de la moitié supérieure de l’arête SE en 1970 et du sommet SE (8010 m) par une forte équipe japonaise menée par M.Hara. Les Japonais sont montés directement au col Sud (6800 m) depuis le versant Népalais ; ils réalisent ainsi la deuxième ascension du Makalu par un nouvel itinéraire, utilisant 3000 mètres de cordes fixes.

D.Scott, fasciné par le Makalu et notamment par sa Combe Est suspendue, a eu le projet de gravir la partie inférieure de l’arête SE pour rejoindre le col Sud des Japonais de 1970. Il voulait ensuite gravir l’arête SE jusqu’au Gendarme Noir puis descendre dans la Combe Est ; de là, gravir le sommet puis redescendre par l’itinéraire de 1955 et ainsi effectuer une traversée du Makalu. Trois tentatives infructueuses (1980, 81 et 84) le menènt à deux reprises au dessus de 8000, dont une fois à un poil du sommet…

Le Pilier Ouest

L’itinéraire d’accès est celui décrit précédemment au départ de Tumlingtar. Emplacement du camp de base à 5400 mètres au départ de l’arête Ouest sur le glacier de Chago.
Il s’agit d’un objectif d’ampleur sur un des plus hauts sommets du monde. 2800 mètres de dénivelé empruntent d’abord l’arête Ouest qui se transforme ensuite en un pilier avec des passages rocheux (VI/A2) au dessus de 7500 mètres.

Le sommet a été atteint pour la première fois par Y.Seigneur et B.Mellet le 23 mai 1971, au cours d’une expédition française menée par R.Paragot. Deux mois de difficile travail pour équiper la voie de cordes fixes ; il s’agissait alors de la plus difficile ascension technique de l’époque.
Neuf ans plus tard, Roskelley réalise la 2ème ascension et le premier solo du pilier Ouest.
En 1988, M.Batard réussit l’ascension en solitaire et en 14 heures, après reconnaissance et équipement de la voie.
En 1991, E.Loretan et J.Troillet gravissent la voie à vue et en deux jours…

L’itinéraire remonte d’abord des pentes d’éboulis jusqu’au pied de l’arête vers 5800 mètres. Il suit ensuite l’arête neigeuse (arête des Jumeaux) jusqu’au pied du pilier vers 6400 mètres. Sur les 900 mètres suivants, la voie suit le versant Sud de la crête pour atteindre une rampe très exposée puis une section mixte mène vers 7350 au pied du ressaut rocheux, passage clé de la voie : 18 longueurs extrêmement difficiles (jusqu’à VI/A2), rendues maintenant « moins extrême » du fait de l’équipement en place.
Une arête de neige permet alors de rejoindre l’arête Sud-est…

La Face Sud

En 1975, une équipe Yougoslave menée par A.Kunaver ouvre un itinéraire dans la face Sud, répété en 1989 par B.Beghin avec un départ direct. Laissant ses compagnons à 7000 mètres, il termine l’ascension en solitaire et en trois jours…

La Face Ouest

C’est l’itinéraire le plus difficile sur le Makalu. Après plusieurs tentatives infructueuses (dont Kukuchka en 1981 et Loretan en 1991), c’est finalement l’équipe Russe menée par Sergey Efimov qui réussit ce challenge extraordinaire, récompensé par le Piolet d’Or. A.Bolotov, Y.Ermachek, D.Pavlenko, I.Bugachevski et N.Jiline atteignent le sommet le 21 mai 1997.
S.Khabibulin, leader de l’équipe d’assaut, meurt d’épuisement 250 mètres sous le sommet. I.Bugachevski meurt à la descente 

La voie peut être décomposée en 4 parties :
-        
elle commence à 5800 mètres au pied de la face Ouest et emprunte la partie droite de la cascade de glace jusqu’à 6100 mètres,
-        
elle continue au dessus du plateau dominant la cascade de glace par des pentes rocheuses à 35/45° jusqu’à 6500 mètres,
-        
la section entre 6500 et 7400 mètres est un mur (roches et glace), 50/55°,
-        
la partie finale commence par un pilier rocheux (passage clé de la voie) qui mène sur l’arête Ouest à 8000 mètres.

L’équipe Russe a placé son camp de base à 5300 mètres puis 7 camps (5700, 6100, 6500, 6900, 7300, 7650 et 7750) et deux bivouacs (8000 et 8150) pour atteindre le sommet…

La voie Lafaille au Makalu II

En avril / mai 2004, JC.Lafaille ouvre un itinéraire de grande difficulté sur le versant Est (Tibétain), alors vierge, du Makalu II, en solitaire et sans oxygène. Exploration et engagement pour cette voie qu’il considère comme « l’ascension la plus difficile sur le plan technique qu’il ait jamais réalisé en Himalaya ».
Au départ de Karta (3700 mètres), accessible à partir de Tingri, le camp de base est placé à 4900 mètres d’altitude. Un camp de base avancé est installé à 5600 mètres, quasiment au pied de l’éperon qui constitue la première partie de la voie : 1000 mètres en glace très raides et mixte difficile.
JC.Lafaille place un camp d’altitude à 6500 puis à 7200 mètres au sommet de l’éperon.
Le 14 mai, il quitte son camp de base avancé pour monter directement à 7200 mètres, puis bivouaque à 7400 le 15. Il parvient au sommet du Makalu II le 16.

L’arête Est

Elle a été remontée en 1995 par une grosse expédition japonaise jusqu’à 7300 mètres. Ensuite, l’expé a basculé sur la voie normale pour rejoindre le sommet.

Elle était l’objectif de Y.Graziani, C.Trommsdorff et P.Wagnon au printemps 2004 qui ont dû renoncer à cause d’un fort enneigement et gravir l’arête SE (cf. MM n°289, Janvier 2005).
L’exploration de ce versant Est du Makalu (Tibétain) offre encore de nombreuses possibilités…

 

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